Une confrontation diplomatique et juridique à hauts enjeux arrive à son point culminant alors que les principales compagnies aériennes américaines avertissent qu'un plafond de passagers vieux de plusieurs décennies à Dublin Airport (DUB) est passé d'un différend local d'urbanisme à une violation manifeste des obligations découlant d'un traité international. Au 7 janvier 2026, le lobby le plus puissant de l'industrie, Airlines for America (A4A), a officiellement demandé au ministère des Transports des États-Unis (DOT) d'intervenir, invoquant une menace imminente pour le corridor transatlantique vital.
Au cœur de la crise se trouve une limite annuelle de 32 millions de passagers, une condition imposée lors de l'approbation en 2007 du Terminal 2, que ses détracteurs qualifient de « plafond zombie » étranglant la connectivité de l'Irlande.
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Une violation des Open Skies
Dans une importante montée en intensité déposée le 6 janvier 2026, A4A, représentant des géants tels que American Airlines, Delta Air Lines, et United Airlines, a mis en garde que le plafond contraindra inévitablement le retrait de « créneaux historiques ». Le groupe soutient que cela viole l'US-EU Air Transport Agreement, mieux connu sous le nom d'accord Open Skies, qui garantit aux compagnies le droit d'exploiter des liaisons en fonction de la demande du marché plutôt que d'être soumis à des contraintes gouvernementales artificielles.
« En cas de décision défavorable de la CJEU, nos Membres craignent que le gouvernement irlandais n'aille de l'avant avec son projet de retirer des créneaux historiques à DUB en violation du règlement européen sur les créneaux et de l'ATA UE‑États‑Unis », a déclaré A4A dans sa plainte.
L'association a en outre fait valoir que la perte de créneaux « affecterait de manière disproportionnée et discriminatoire les transporteurs américains, » en soulignant que si les compagnies européennes pouvaient sacrifier des vols régionaux court-courriers pour préserver des créneaux long-courriers lucratifs, les transporteurs américains n'ont pas ce luxe, mettant en péril l'ensemble de leurs opérations irlandaises.

La suspension et l'impasse
Alors que l'Irish Aviation Authority (IAA) a ignoré le plafond dans ses paramètres de coordination pour la saison été 2026, suite à une suspension cruciale de la High Court, la situation juridique reste précaire. L'affaire a été renvoyée à la Court of Justice of the European Union (CJEU), dont une décision est attendue plus tard dans l'année.
En attendant, la direction politique irlandaise fait face à des tensions internes. Le ministre des Transports Darragh O’Brien a exprimé son souhait de supprimer le plafond par une législation d'urgence, mais des rapports du 5 janvier indiquent une importante « opposition » de la part de hauts fonctionnaires inquiets des litiges environnementaux et des quotas de bruit.
Michael O’Leary, PDG de Ryanair, a livré le 6 janvier une critique sans détour en pointant du doigt le Taoiseach Micheál Martin pour le retard :
« Il est temps que Micheál Martin cesse de faire le tour et commence à agir, et un bon point de départ serait de supprimer le plafond illégal de l'aéroport de Dublin avant la fin janvier 2026. »

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Capacité transatlantique en jeu
Dublin sert de porte d'entrée critique pour les investissements directs étrangers américains, des géants technologiques tels que Google, Apple, et Microsoft représentant près d'un tiers des recettes fiscales des sociétés en Irlande. La contrainte « artificielle » actuelle menace non seulement le tourisme, mais aussi l'épine dorsale logistique de ces entreprises mondiales.
Profil de risque transatlantique (Perspectives été 2026)
| Compagnie | Principales liaisons à risque | Fréquences hebdomadaires (est.) | Niveau de risque |
|---|---|---|---|
| Delta Air Lines | JFK, ATL, BOS, MSP | 35 | Élevé (expansion des créneaux gelée) |
| United Airlines | EWR, IAD, ORD | 28 | Élevé (vulnérabilité des créneaux historiques) |
| American Airlines | PHL, DFW, CLT | 21 | Modéré (ajustements saisonniers) |
| Aer Lingus | JFK, BOS, LAX, SFO, SEA | 70+ | Faible (peut réorienter des créneaux régionaux) |
| JetBlue | JFK, BOS | 14 | Critique (statut de nouvel entrant) |
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Le coût profond de l'inaction
Au-delà des bilans, cette impasse met en lumière une tension croissante dans l'aviation moderne : le conflit entre l'héritage des infrastructures et la destinée économique. L'Irlande, nation insulaire dépendant de manière unique du transport aérien, voit désormais son « pont mondial » vers les États-Unis menacé par une règle d'urbanisme rédigée à une époque pré-pandémique et pré-numérique.
Si le DOT choisissait de répliquer, l'industrie pourrait voir des restrictions réciproques s'appliquer aux transporteurs irlandais aux États-Unis, transformant un différend local d'urbanisme en une guerre commerciale transatlantique. Pour les 34 millions de passagers attendus en transit par Dublin cette année, le « plafond zombie » n'est plus une simple note bureaucratique ; c'est une barrière au monde.
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