PETERBOROUGH, UK — Les installations de gestion des déchets évoluent rapidement pour devenir les raffineries high-tech de demain, les transporteurs mondiaux intensifiant leurs investissements dans la technologie "sewage-to-SAF" afin de respecter des objectifs de décarbonation ambitieux. En date du 6 février 2026, l'industrie aéronautique a les yeux tournés vers la montée en puissance réussie de la liquéfaction hydrothermale (HTL), un procédé qui transforme les excréments humains en un carburant pour avions "drop-in" presque indiscernable du kérosène d'origine fossile.
L'élan en faveur du carburant d'aviation durable (SAF) issu des eaux usées a atteint un point d'orgue cette semaine suite à une série de percées réalisées par la startup britannique Firefly Green Fuels. Des tests en laboratoire indépendants menés par le German Aerospace Centre et Washington State University ont officiellement confirmé que le "bio-kérosène" de Firefly présente une signature chimique presque identique à celle du kérosène standard A1, tout en réduisant l'empreinte carbone sur le cycle de vie de façon spectaculaire de 90%.
L'intérêt a explosé alors que le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé un nouveau investissement de £43 million hier, 5 février 2026, pour accélérer les projets d'aviation verte. Ce financement soutiendra le "Sustainable Aviation Fuel Bill", qui doit entrer en vigueur plus tard cette année, en garantissant un prix pour les producteurs britanniques et en s'assurant que des compagnies comme Wizz Air pourront respecter l'obligation légale d'utilisation de 10% de SAF d'ici 2030.

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L'alchimie de la liquéfaction hydrothermale
Au cœur de cette révolution se trouve le procédé HTL, qui utilise une chaleur modérée et une haute pression pour reproduire la formation naturelle du pétrole brut en quelques minutes plutôt qu'en millénaires. Ce procédé produit deux sorties principales : du bio-crude, qui est raffiné en carburéacteur, et du biochar, un sous-produit riche en carbone qui peut être séquestré dans les sols agricoles ou utilisé dans la construction.
James Hygate, PDG de Firefly Green Fuels, a souligné l'ingéniosité logistique de l'utilisation des eaux usées comme matière première lors d'une journée de relations médias cette semaine :
« Nous voulions trouver une matière première de très faible valeur mais très abondante. Et bien sûr, les excréments sont abondants. Ils ne contiennent pas de carbone fossile, c'est un carburant sans carbone fossile. »
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L'engagement pluriannuel de Wizz Air
Le géant low-cost Wizz Air reste le principal soutien institutionnel de la technologie, ayant sécurisé un contrat d'achat sur 15 ans portant sur jusqu'à 525,000 tonnes de SAF à partir de 2028. La compagnie considère ce pipeline "waste-to-wings" comme essentiel pour préserver son modèle à bas coûts face à la hausse des taxes carbone à travers l'Europe et le Royaume-Uni.
Naomi Henning, directrice commerciale de Firefly, a noté la logique implacable de cette chaîne d'approvisionnement :
« Partout où il y a des gens, il y aura des excréments. »

Opérations de vol projetées passant au SAF issu des eaux usées (lancement 2028)
Alors que l'intégration commerciale à grande échelle est prévue pour 2028, Wizz Air UK a identifié les lignes principales pour l'offtake initial de 525,000 tonnes. Le tableau suivant présente les vols "Green Corridor" projetés qui mèneront la transition :
| N° de vol | Itinéraire | Heure de départ | Heure d'arrivée | Durée | Jours d'exploitation |
|---|---|---|---|---|---|
| W9 4452 | LTN (Luton) – BUD (Budapest) | 08:15 AM | 11:45 AM | 2h 30m | Tous les jours |
| W9 5103 | LGW (Gatwick) – MXP (Milan) | 07:30 AM | 10:40 AM | 2h 10m | Lun, Mer, Ven |
| W9 4481 | LTN (Luton) – PRG (Prague) | 12:20 PM | 03:20 PM | 2h 00m | Tous les jours |
| W9 3901 | LTN (Luton) – OPO (Porto) | 06:10 PM | 08:35 PM | 2h 25m | Mar, Jeu, Sam |
Remarque : les détails des vols sont basés sur la programmation actuelle de Wizz Air UK et les paramètres de l'accord d'achat de 2028. Les horaires sont susceptibles d'être ajustés selon la saison.
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Mise à l'échelle d'une matière première "inévitable"
Un des arguments les plus convaincants en faveur du carburant issu des eaux usées est sa circularité. Contrairement aux cultures, qui se disputent les terres arables, ou aux huiles de cuisson usagées (UCO), déjà très demandées, les déchets humains sont un sous-produit problématique que les compagnies des eaux sont souvent pénalisées d'avoir rejeté dans les océans.
Selon des calculs vérifiés par Cranfield University, chaque personne génère annuellement suffisamment d'eaux usées pour produire environ 4 to 5 litres de bio-carburéacteur. Bien que cela puisse sembler faible à l'échelle individuelle, l'approvisionnement total en eaux usées du Royaume-Uni pourrait couvrir environ 5% de la demande aérienne totale du pays, fournissant en pratique la moitié de l'obligation de 10% de SAF pour 2030 à partir d'une seule source quasi illimitée.
Alors que l'industrie se tourne vers l'ouverture prévue en 2027 de la première raffinerie commerciale à Harwich, UK, l'ère du « Shame On You » des émissions des compagnies aériennes pourrait enfin céder la place à une solution plus pragmatique, quoique peu conventionnelle.
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